Les jeux dangereux
Dans la presse nous entendons souvent parler des « jeux dangereux » dans les cours d’écoles. Mais qu’est ce que ces jeux ? Quelles sont leurs conséquences ? Que faire ?
Il existe deux grandes catégories de jeux dangereux, présents dans tous les lieux de vie des enfants. Ces jeux concernent les garçons et les filles quelque soit le milieu socioculturel et l’âge (de la maternelle au lycée) :
La première catégorie est celle des jeux d’attaque ou d’agression (jeu du bouc émissaire, de la mêlée, du pouilleux massacreur, de la canette, du taureau…). Il s’agit d’une violence physique gratuite menée par un groupe envers un enfant seul ou plusieurs enfants, membres ou non du groupe, consentants ou non.
Très en vogue auprès des jeunes, le catch a fait son apparition dans les cours de récré, au collège comme en primaire. Au-delà du simple échange de cartes à l'effigie des catcheurs, les prises de catch effectuées par de non-initiés peuvent se révéler très dangereuses.
La deuxième catégorie est celle des jeux d’asphyxie, par pendaison ou strangulation (jeu dit "du foulard", de "la tomate", "du sternum", de "l’aérosol", "rêve bleu", "l'indien"…).
Parce que les jeux dangereux concernent chaque enfant et chaque parent, parce que la prévention est le meilleur moyen de lutter contre ce fléau, notre présidente s'est rendue à la conférence de l'APEAS (Association des parents d'enfants accidentés par strangulation) le 29 janvier 2010 à St Ay.
Françoise Cochet, présidente (www.jeudufoulard.com) et intervenante lors de cette conférence, a expliqué que la pratique de "jeux", d’expériences sur le corps est ancienne et répandue sur tous les continents, mais elle reste un sujet tabou dont on parle encore peu.
Il s’agit « d’expérience » sur le corps conduisant à un évanouissement, en général d’une apnée excessive précédée d’une hyperventilation. Elles se pratiquent le plus souvent en groupe, dans une sorte de compétition, de défi. Une des enfants respire de manière accélérée quelques minutes, puis un autre exerce une pression autour de son cou au niveau des carotides, l’enfant s’évanouie rapidement. Les autres l’allongent et le regardent : yeux révulsés, convulsions. Après quelques minutes l’enfant revient à lui, les autres lui demandent « alors qu’est-ce que tu as vu ? »…
Il peut s’agir d’une sorte de rite initiatique.
Quel que soit le jeu dangereux pratiqué, les enfants surtout les plus jeunes n’ont absolument pas conscience de se mettre en danger de mort.
Pourtant le risque est bien réel : coma, séquelles neurologiques, handicap, arrêt cardiaque…
Autre pratique : hyperventilation + massage au niveau du diaphragme, ou encore hyperventilation + massage au niveau des carotides (cou).
Cela entraîne un évanouissement quasi immédiat dans une sorte de réflexe car à ces endroits passe le nerf vague qui contrôle le système parasympathique. L’excitation de ce nerf entraîne un ralentissement du cœur et donc de la circulation sanguine, ce qui entraîne une diminution de l’oxygène dans le sang, une augmentation du CO2... et donc une hypoxie cérébrale…d’où l’évanouissement et les convulsions de type épileptique, car il ya comme un « court-circuit » dans le cerveau qui peu entraîner une pause, voire un arrêt cardiaque….
Certains enfants peuvent devenir dépendants à ce type de pratique avec une recherche de sensations étranges, de bien être…certains pratiquent ces expériences plusieurs fois par semaine ou par jour.
Certains enfants plus curieux cherchent à reproduire cette expérience seul dans leur chambre par exemple. Mais ils ne peuvent eux-mêmes exercer une pression suffisamment forte au niveau des carotides. Aussi ils utilisent alors un lien (ceinture, corde…), ils posent leur mâchoire inférieure dessus (sans passer complètement la tête). Ils pensent pouvoir se dégager au moment où ils vont tomber. Le lien exerce une pression et l’enfant peut s’évanouir et s’affaler sur le lien ce qui entraîne l’asphyxie…
Le plus souvent, c’est quand un enfant essaie de renouveler seul cette expérience qu’il y a accident…
Ces enfant ne sont pas suicidaires, ils n’ont pas conscience de mettre leur vie en péril de cette manière.
Mme Cochet a crée l’APEAS après le décès de son fils en 2000 des suites de ces pratiques dont elle n’avait jamais entendu parler jusqu’alors.
Le meilleur moyen de faire de la prévention est de s’adresser aux enfants en leur faisant raconter dans un premier temps leurs expériences : jeu de la canette (tabassage d’un autre enfant), catch (reproduction de scène vues à la TV sans conscience des risques encourus), jeu de la tomate (retenir sa respiration le plus longtemps possible jusqu’à devenir écarlate), jeu du foulard…
Il est important de leur expliquer en détail les conséquences physiologiques de ces « jeux » et les risques encourus.
Certains signes peuvent alerter les adultes : l’enfant a des maux de têtes violent et brefs ; des douleurs auriculaire sans explication ORL ; des ruptures de petits vaisseaux sanguins au niveau du cou, des yeux, des joues ; une baisse rapide de l’acuité visuelle d’un œil (rupture vaisseaux sanguins au niveau de la cornée) ; une diminution de la concentration ; une grande fatigue ; des bruits dans sa chambre comme un objet qui tombe….
Pour vous aider à expliquer aux enfants le jeu du foulard, nous vous invitons à vous rendre sur ce lien pour découvrir avec votre enfant le livre "un petit air et puis sans va" d'Anne-Zoé Vanneau et Marianne Pasquet.
Nous vous recommandons également de visiter le site de l'Association SOS Benjamin et vous trouverez, entre autre, les différents jeux dangereux et leurs conséquences, mais également, ce qui a son importance, les signes d'alerte à reconnaître : http://www.jeuxdangereux.fr/les_jeux_dangereux__1108.htm
Dans un communiqué de presse du 18 juin 2009, Xavier Darcos a exprimé le souhaite que la lutte contre les jeux dangereux et les pratiques violentes soit poursuivie et amplifiée à la prochaine rentrée scolaire (2009-2010) :
http://www.education.gouv.fr/cid28507/poursuivre-amplifier-lutte-contre-les-jeux-dangereux-les-pratiques-violentes.html
« Les maternelles », émission de la 5, ont traité le sujet le 2 février dernier : http://les-maternelles.france5.fr/index-fr.php?page=emission&datediff=20100202
Retour
|